Le cru communal Gorges en Muscadet

 

gorges

 

Voici un compte rendu de la 1ere partie d’une séance du groupe « Verticadet », un des groupes de dégustation de l’association Vertivin qui s’intéresse exclusivement à l’appellation Muscadet. Quoi de plus normal pour une association de la région Nantaise ?!

Cette séance, animée par Eric, était dédiée au cru communal Gorges.
En voici donc la retranscription :

 

Une histoire

L’appellation sous régionale Sevres et Maine a été créée en  1936.
Chose étonnante, ce n’est qu’après que l’appellation régionale « Muscadet » a vu le jour.
Dans les années  70, il y a eu un début de réflexion sur la hiérarchisation des vins du Muscadet.
Mais c’est réellement dans les années 90 que ce travail a été approfondi. Le gel cruel de l’année 1991 a déclenché une crise dans le vignoble de la région. Cette crise a poussé les acteurs à trouver des moyens de mieux valoriser leur travail. Très vite on a constaté que bon nombre de domaines avaient créé des cuvées spécifiques au secteur de Gorges.
Les vignerons ont « pris la balle au bond » pour définir les règles de ces cuvées (en terme de prix, de culture, de marque)…qui allaient être rassemblées sous la dénomination « Le Gorgeois ».

Puis avec l’INAO il y a eu un travail de structuration d’un cahier des charges, fruit d’une volonté de vignerons et d’un terroir spécifique.
Et c’est en Novembre  2011 que l’appellation Cru Communal de Gorges a été reconnue.

 

Un terroir

Les terres intégrées dans l’appellation Gorges  (20/25 ha seulement) appartiennent très majoritairement à la commune de Gorges. Mais elles comprennent aussi quelques bouts de Clisson, Monniere et Mouzillon.

La grande spécificité de ce cru communal est liée à son terroir de gabbro (voir photo en faut de cet article).
Cette roche verte, plutonique (issu d’un refroidissement très progressif de la lave), pauvre en silice, très lourde et rare (quelques traces en Porto) est présente de façon homogène sur les terres de Gorges.
Sa désagrégation progressive a créé en surface des terres argileuses, souvent riches dont il convient de maitriser les rendements.
Les terres sont dites tardives car les vignes y viennent à maturité plus tardivement (au contraire des vins de Clisson par ex.)
L’argile retenant l’eau, il est rare que les pieds de Melon de Bourgogne connaissent un stress hydrique. Et pour contrer le risque réel d’un surplus d’eau, la nature plus argileuse des sols exige de sélectionner des sols pentus afin de favoriser un meilleur drainage de l’eau.

A droite de l’axe établi entre le Village de St Fiacre et le village de Gorges, le sol est plus caillouteux et moins argileux.
A gauche de cet axe il est majoritairement plus argileux.

carte gorges

 

Des Hommes

Il n’y a qu’une quinzaine de vignerons sur l’appellation Gorges. Ils ont défini eux mêmes les critères qui leur semblaient adaptés à ce terroir et principalement :
– un rendement max a 45 hl/ha,
– un min. de 11° potentiel d’alcool,
– une durée d’élevage longue, min. de 24 mois sur lies…
D’ailleurs dans le temps, les négociants passaient plus tardivement à Gorges pour acheter les vins qu’ils allaient revendre, preuve que le besoin d’un élevage long a toujours été reconnu.
– sans élevage en barriques (même si cela n’est pas interdit par le cahier des charges – Les vignerons profitant le plus souvent de leurs cuves verrées enterrées) .

Les vignerons du cru communal Gorges

Tout cela a donné un style particulier, bâti sur la tension, la fraicheur mentholé, l’acidulé, le caillou fumé qu’on peut facilement opposer au style du cru communal de Clisson, bati sur sols granitiques, pour des sensations plus charmeuses, rondes et tapissantes.
On apprécie aussi sa belle salinité et la moindre présence d’amers par rapport au reste du Muscadet.

Goutez les vins de Damien Rineau, Fred Lallié (Domaine Bregeon) ou Martin Luneau pour vous en convaincre.
Les prix moyens, autour de 10/15€, le permettent !

 

Un climat …

Quel climat convient particulièrement aux vins de Gorges ?
L’observation des bons millésimes montre qu’il lui faut des millésimes « concentrés », concentrés à la fois en alcool et en acidité.
On a ainsi eu de très belles choses en 2014, 2012, 2010, peut être 2009 dans un style riche, 2007, 2002.
La tension naturelle de ces vins invite en tout cas à patienter. Il leur faut du temps : en 2016, les 2012 commençaient à bien se gouter.

Bonnes dégustations à vous…

 

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