Avec ou sans cuivre ?

On entend dire que l’utilisation de cuivre; prisé par les vignerons bio, est peut-être aussi néfaste qu l’utilisation de produits de synthèses (pesticides, insecticides).

J’ai trouvé les arguments de Claude et Lydia Bourguignon dans le Hors Série de la RVF de Juin 2018 particulièrement intéressants et c’est pourquoi je me permets d’en citer une partie :

« Claude : « C’est un discours véhiculé par les fabricants de pesticides.
Lorsque les vignerons répandaient 10 a 15 kg de cuivre par hectare sur leurs vignes, effectivement les sols devenaient stériles.
Aujourd’hui avec un pulvérisateur moderne, on met aux alentours de 3 kg de cuivre par an et le produit est essentiellement pulvérisé sur les feuilles, pas sur le sol.
A ce niveau, les micro organismes dans le sol le consomment totalement. Ca change tout.

Lydia : Le cuivre est indispensable aux organismes vivants. Au début de notre carrière, nous retrouvions des taux de concentration extrêmement élevés et là le cuivre était toxique.
Mais si vous faîtes un labour profond en retournant le sol, vous éliminez toute vie microbienne dans le sol. C’est pire que le cuivre ! ».

J’essaierai de garder ces éléments en tête pour une prochaine discussion avec un « conventionnel » mal luné …
Passez aussi le message autour de vous à l’occasion.
Mais Claude et Lydia en ont plein d’autres à faire passer, et des plus passionnants !

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4 commentaires sur “4”

  1. Compte rendu d’une reunion sur le cuivre en bio ici
    http://www.opaba.org/

    Le Cuivre est autorisé au niveau UE jusqu’en 31 janvier 2019.
    L’utilisation pourrait être reconduite sous condition, notamment une limite de 4kg /ha /an
    En champagne 90% des domaines ont dépassé les 4kg/ha en 2012 et 2016 pour une moyenne lissée de 4.3
    Donc une autorisation avec 4kg max/ha sans lissage signerait la recession est peut etre la fin du bio dans pas mal de regions

  2. Etude sur les residus de cuivre dans le vin :

    QUELLE TOXICITÉ DU CUIVRE DANS LES VINS BIO ?

    Les auteurs ayant caractérisé le goût des pesticides du vin se sont penchés, au vu du débat actuel, sur la toxicité du cuivre dans les vins.
    Le cuivre est retrouvé à une dose moyenne de 0,15 mg/l dans les vins bio, et jusqu’à 1,5 mg/l, soit dix fois plus, dans les vins non bio.
    Avec 0,15 mg/l, il faudrait boire 80 litres de vin bio par jour pour un humain de 80 kg afin d’atteindre le seuil de toxicité aigüe du cuivre selon sa dose journalière admissible. Par contre, une prescription médicale de cuivre en ampoule peut stimuler le système immunitaire à 1 mg/jour.
    D’autre part, pour comparaison, un Château bordelais très bien classé, non bio, contenait dans nos études 146 ppb de boscalide, un pesticide de synthèse très utilisé. La toxicité aigüe reconnue de ce produit est 4 fois plus grande que celle du cuivre.
    Si l’on prend en compte les résidus de pétrole et d’arsenic non déclarés avec lesquels il est commercialisé, la toxicité chronique sera atteinte dès 22 ml de consommation du vin non bio.
    Le cuivre ne peut donc en aucun cas être considéré comme les pesticides synthétiques dérivés du pétrole qui empoisonnent les vins traités.

    Gilles-Eric Séralini et Jérôme Douzelet.
    Auteurs de « Le goût des pesticides dans le vin » (Actes Sud, 2018)

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